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Qui donc la disait morte en son linceul de gloire;
Elle s'est réveillée à l'appel de l'histoire;
Du fond de leurs tombeaux répond la voix des forts
Ton enceinte, ô cité! De nouveau se déroule;
Les fils de tes Lorrains te reviennent en foule;
Regarde autour de toi: tes fils ne sont pas morts!

Voici ton peuple, encore et malgré tout, fidèle;
Il t'appartient toujours, ô fière citadelle!
Car depuis deux cents ans tu n'as vécu qu'en lui.
De tes foyers détruits il a gardé la flamme;
Le feu sacré longtemps a couvé dans son âme;
Sur la tombe des morts il flamboie aujourd'hui.

Au vieux renom français notre âme te marie;
O ville!..car tu fus la petite patrie;
La France a recueilli ta vaillance et ta foi !
la patrie a grandi comme ses destinées,
Et va jusqu'à la mer et jusqu'aux Pyrénées..
O doux berceau, pour nous la France était en toi !

Devant ces grands Lorrains endormis dans ta cendre,
Faut-il suivre le cours des siècles, et descendre
Jusqu'aux temps glorieux d'Arcole et d'Iéna,
Et compter ces héros où ton âme respire,
Lorraine ?...vieux soldats, généraux de l'Empire
Que de tous ses lauriers la France couronna ?

Oh! salut tous!...salut! Français, Lorrains...ô frères
Tombés, le glaive en main, sous des drapeaux contraires!...
Femmes des vieux Lorrains qui combattiez aussi!
Soeurs de Jeanne, à leurs coeurs vous rendiez l'espérance;
Vous avez engendré des Français à la France;
Et ce sont vos enfants qui vous fêtent ici.

Avec nous dans les rocs, par leur foi soutenues,
Sous le soleil de juin vos filles sont venues;
De vos fortes vertus puissiez-vous les munir,
Aïeules! c'est pour vous que Nancy, dans sa joie,
Convoquant la Lorraine, aujourd'hui nous envoie
L'élite de ses fils, pieux au souvenir.

Reste à jamais debout sur la montagne austère,
Tombeau! garde la ville, et consacre la terre;
La Mothe des grands morts restera la cité.
La Mothe, sans soldats, sans tours, puissante cime,
Sera la forteresse invaincue et sublime,
Et le rempart français de la fidélité.

 

 

Vers dits le 7 juin 1897 à l'inauguration du monument élevé aux défenseurs de la ville. Extrait de © Pays Lorrain 1934

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